DOSSIER

Réseaux sociaux / écrans : quel impact sur leur santé ?

473-ouvertureNotifications incessantes et nuits écourtées, images idéalisées et algorithmes opaques basés sur la captation de l’attention… Les réseaux sociaux font partie intégrante, jusqu’à l’excès, du quotidien des adolescents. Une potion numérique aux nombreux effets indésirables, voire délétères, sur leur santé. L’Anses, l’agence nationale de santé sanitaire, sonne l’alerte. Dans un rapport référence publié il y a quelques semaines, s’appuyant sur plus d’un millier d’études scientifiques sur le sujet, elle constate que les réseaux sociaux amplifient les fragilités des ados et pointe les risques auxquels ils s’exposent : anxiété, dépression, pensées suicidaires, troubles de l’image de soi, conduites à risques… Des dangers auxquels les filles sont beaucoup plus sujettes que les garçons.

Au-delà de la consommation des réseaux sociaux – dont l’interdiction aux moins de 15 ans devrait s’appliquer dès la prochaine rentrée –, la surexposition des écrans en général apparaît également problématique pour la santé mentale et physique des enfants et des ados, nous alerte Sabine Duflo, membre fondateur de CoSE, Collectif Surexposition Ecrans, et créatrice de la méthode « Les 4 pas » (lire son interview plus loin).

 

Le processus est enclenché ! Les députés ont adopté lundi 26 janvier une proposition de loi interdisant les réseaux sociaux aux moins de 15 ans. Il reste désormais aux sénateurs de valider ce texte à leur tour, dans les toutes prochaines semaines ; la procédure législative ayant été accélérée, l’application de cette interdiction devrait s’appliquer dès septembre prochain.

Une « étape majeure » saluée par le président de la République, qui milite depuis plusieurs mois pour interdire l’accès des réseaux sociaux aux jeunes de moins de 15 ans, afin de protéger leur santé : « Le cerveau de nos enfants et de nos adolescents n’est pas à vendre. Leurs émotions ne sont pas à vendre, ni par les plateformes américaines, ni par des algorithmes chinois », a déclaré Emmanuel Macron.

Sur la même ligne que le Chef de l’Etat, Sarah El Haïry, la haut-commissaire à l’Enfance, défend cette mesure : « C’est un combat que nous portons depuis longtemps : protéger nos enfants face aux violences et à l’addiction numérique », ajoutant que « la liberté des plateformes s’arrête là où commence la protection de nos enfants ».

 

HD-473-ado-14-ansUn rapport alarmant

Car c’est aujourd’hui un fait bien établi, une vérité scientifique, les réseaux sociaux exposent les enfants et les ados à des risques pour leur santé. En décembre 2025, l’Agence nationale de sécurité sanitaire (ANSES) a rendu un rapport d’expertise scientifique collective consacré aux usages des réseaux sociaux numériques et à la santé des adolescents. Pour parvenir à ses conclusions, l’agence s’est appuyée sur l’analyse de plus d’un millier d’études internationales (épidémiologie, psychologie, pédopsychiatrie, sociologie, sciences de l’information et de la communication…) ! En préambule de ses conclusions l’Anses rappelle la spécificité du développement adolescent, une période de vulnérabilité particulière : « L’adolescence est une période sensible de construction de l’identité. Les adolescents disposent de moins de capacités de régulation émotionnelle que les adultes, ce qui les rend particulièrement vulnérables aux effets délétères des réseaux sociaux ».

 

De l’importance du sommeil

Défilement infini et passif (« scrolling »), discussions tardives, peur de manquer une information (« FOMO »), notifications nocturnes : autant de facteurs qui retardent l’heure du coucher et réduisent le temps de sommeil. Or, le manque de sommeil est un facteur majeur de vulnérabilité psychologique, associé à l’irritabilité, aux difficultés de concentration, à l’anxiété et à des symptômes dépressifs.

Dans son rapport, l’Anses rappelle que « le sommeil et la santé mentale entretiennent des liens étroits et réciproques ». Au-delà de la question des contenus, la question du temps passé sur les écrans apparaît elle aussi primordiale ; « les deux sont indissociables », nous assure Sabine Duflo, autrice de « Il ne décroche pas des écrans, comment protéger nos enfants et nos adolescents » (lire son interview plus loin).

De son côté, le psychiatre Serge Tisseron rappelle que « Le sommeil est le premier régulateur émotionnel de l’adolescent. Quand il est fragilisé, tout devient plus difficile : la gestion du stress, des conflits, des émotions ». En résumé, protéger le sommeil de nos enfants, c’est déjà protéger la santé mentale.

 

dossier-p2-emprise-captattiLes dangers de l’effet miroir

Les réseaux sociaux reposent largement sur l’image et l’apparence physique. Pour les ados – et majoritairement les filles –, encore en construction identitaire, cette exposition constante à des corps normés (mais souvent « retouchés »), des vies idéalisées et des mises en scène valorisées (avec l’aide d’outils d’intelligence artificielle désormais) peut fragiliser l’estime de soi, et conduire notamment à développer des troubles alimentaires.

L’Anses met également en garde contre d’autres risques induits ou amplifiés par les réseaux sociaux : ils peuvent être des vecteurs de conduites à risques (consommation de substances psychoactives telles que l’alcool, le tabac et le cannabis, mais aussi imitation de défis dangereux, les « challenges »), et violences entre jeunes (cyberharcèlement).

 

Spirale infernale

D’une façon générale, l’agence nationale de sécurité sanitaire insiste sur le fait que « non seulement l’usage problématique des réseaux sociaux numériques peut favoriser une détérioration de la santé mentale, mais inversement, un état de mal-être psychologique initial peut induire un recours accru, parfois compulsif, aux réseaux sociaux numériques, créant ainsi une spirale de difficultés difficile à rompre ». Autrement dit un cercle vicieux qui entretient et amplifie le mal-être.

Si l’interdiction programmée des réseaux sociaux aux jeunes de moins de 15 ans apparaît bien comme une mesure pour protéger les enfants et les ados de leurs effets néfastes, tout le monde en convient, cela ne sera pas la panacée – ne serait-ce que par les stratégies de contournement dont nos jeunes peuvent – et savent ! – user (lire ICI le communiqué de presse publié par la PEEP le 28 janvier). Si l’interdiction est un cadre sur lequel vont pouvoir s’appuyer les parents, l’éducation, comme l’accompagnement et l’encadrement des usages numériques de nos enfants, ainsi que l’exemplarité, demeurent déterminants.

 

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Mal-être : les filles, plus touchées que les garçons

Selon le rapport de l’Anses, les filles sont plus impactées que les garçons par les effets toxiques que peut induire l’usage des réseaux sociaux. Pour plusieurs raisons :

  • les filles utilisent plus les réseaux sociaux que les garçons et sont plus souvent cyberharcelées ;
  • elles utilisent davantage des réseaux sociaux fondés sur l’échange et le partage d’images et sur la mise en scène de soi ;
  • elles subissent davantage de pression sociale liée aux stéréotypes de genre ;
  • elles accordent plus d’importance aux contenus, « avec un engagement émotionnel plus marqué ».

 

Le téléphone portable, interdit au lycée : une « pause numérique » allégée

« Dans les lycées, l’utilisation d’un téléphone mobile par un élève est interdite dans l’enceinte de l’établissement. » Présenté avec la proposition de loi visant à interdire les réseaux sociaux aux moins de 15 ans, l’article relatif à l’interdiction du téléphone portable au lycée a, lui, été largement revu.

Ainsi, il est désormais prévu que le règlement intérieur des lycées précise « les lieux et les conditions d’utilisation ». Une « interdiction » à la carte, qui répond aussi à des situations particulières : déjà, avant l’examen du projet de loi, le ministre de l’Education nationale, Edouard Geffray, donnait l’exemple de certaines dérogations possibles : « il y a des lycées dans lesquels le téléphone est nécessaire pour “biper” à la cantine ; il reviendra donc au chef d’établissement d’adapter les choses à la réalité des pratiques ».

Sans précision dans le règlement intérieur, l’utilisation des téléphones portables sera, à défaut, interdite pendant les cours et dans les couloirs. En revanche, il devra être prévue une zone définie de la cour où l’utilisation du smartphone sera autorisée.

 

HD-473---dossier-mentaloEtude mentalo : un tiers des jeunes présentent des signes de détresse psychologique

Présentée l’an passé lors du congrès national de la PEEP, l’étude Mentalo a livré ses premiers résultats, le 10 octobre 2025, à l’occasion de la Journée mondiale de la santé mentale.

L’étude révèle qu’environ un tiers des jeunes présentent des signes de détresse psychologique de type anxio-dépressif modéré à sévère.

Sans surprise, comme en font le constat toutes les études sur le sujet, ce sont les filles qui sont les plus touchées : 45 à 47 % d’entre elles présentent ces signes, contre 27 % chez les garçons.

Autre enseignement notable, c’est le passage au lycée qui est identifié comme une période de rupture majeure, avec une augmentation de 50 % du mal-être par rapport au collège ! Le stress de l’orientation n’y est pas étranger…

Selon l’enquête Mentalo, le manque de sommeil est un facteur puissant dans l’aggravation de la souffrance mentale. Ainsi, près de la moitié des jeunes qui utilisent leur téléphone tard le soir (après 22h) déclarent « aller mal », contre seulement 10 % de ceux qui l’éteignent. Autre résultat, qui vont sans surprise dans le même sens des observations de notre Grand témoin, Sabine Duflo (lire son interview plus bas), les jeunes qui passent plus de 7 heures par jour sur les écrans ont un risque de détresse psychologique accru de… 60 % !

Rappelons que Mentalo est une enquête d’envergure nationale, menée par l’Inserm et l’université Paris Cité, qui repose sur un échantillon de 19 000 jeunes âgés de 11 à 24 ans. L’étude est toujours en cours et il est donc encore temps pour votre ado d’y participer, s’il le désire. Après avoir téléchargé l’application, il sera sollicité à 7 reprises dans l’année pour répondre à un questionnaire. Plus d’infos : etude-mentalo.fr.

 

Santé mentale : que fait l’école ?

Aujourd’hui, tous les établissements scolaires sont censés être dotés d’un « protocole de repérage et de prise en charge des situations de souffrance psychologique chez les jeunes ». Deux adultes repères doivent être formés à ces problématiques dans chaque collège et lycée, en collaboration avec les professionnels de santé scolaire, pour détecter et orienter les élèves vers des soins adaptés.

Le ministère a édité des modèles de protocole pour le premier degré et le second degré. Chaque établissement le décline, avec toutes les informations pratiques (contacts, rendez-vous…) destinées aux élèves et à leurs parents. Découvrir, par exemple, le protocole mis en place depuis la rentrée par le collège Jacques Chirac, à Limas (Auvergne-Rhône-Alpes).

 

 Bientôt des ados formés en « premiers secours en santé mentale » auprès de leurs camarades

« Nous allons expérimenter une formation Premiers secours en santé mentale (PSSM) auprès des jeunes », nous apprenait Agnès Aubert, membre de l’association PSSM, lors de la table-ronde « Le bien-être à l’école, la santé mentale des jeunes » organisée dans le cadre du congrès national de la PEEP, en mai 2025.

Quelques mois après, l’expérimentation va prendre la forme d’un déploiement national. Muriel Vidalenc, directrice des Premiers secours en santé mentale France, a annoncé la mise en œuvre d’un module spécifique destiné aux adolescents en milieu scolaire, « pour développer la pair-aidance et les compétences psychosociales » dès le collège, avec une formation pour les 5e, 4e et seconde.

Contrairement aux adultes qui apprennent à prendre en charge, les ados, eux vont apprendre à devenir des « veilleurs ». La formation (3 sessions d’1h à 1h30) leur fournira les clés pour reconnaître la détresse d’un camarade (repli, cyberharcèlement, scarifications…), avant d’ensuite passer le relais à un adulte de confiance formé (infirmière scolaire, CPE).

 

dossier-473-resulat-scolairQuel impact sur les résultats scolaires ?

Un lien entre l’usage des réseaux sociaux numériques et les résultats scolaires ? A cette question, l’Anses met seulement en évidence « une association négative faible » entre le temps passé sur les réseaux sociaux numériques et les résultats scolaires chez les adolescents. Néanmoins, comme sur de nombreux plans, le manque de sommeil qui résulte de l’hyperconnexion a des conséquences bien réelles comme la somnolence durant la journée et donc une moindre attention en classe, ce qui joue bien entendu sur la qualité des apprentissages.

 

 

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SABINE-DUFLO-G-2024Grand Témoin : Sabine Duflo, membre fondateur de CoSE, Collectif Surexposition Ecrans, créatrice de la méthode « Les 4 pas »

« L’enfant n’est pas en capacité de résister aux procédés addictifs présents sur les plateformes qu’il affectionne »

Fin décembre, l’Anses a publié un rapport qui pointe les effets néfastes de l’usage des réseaux sociaux sur la santé des ados de 11 à 17 ans. L’étude insiste également sur le fait que les filles sont plus sensibles à ces risques que les garçons. C’est un constat inquiétant et qui semble même s’amplifier…

Oui, j’ai fait ce constat dès 2020 quand j’ai commencé à travailler dans une unité psychiatrique fermée (1) qui recevait des adolescents entre 11 et 17 ans en grande détresse. J’ai observé un nombre nettement plus important de jeunes filles que de garçons (le ratio était généralement de 10 filles et 1 garçon). Ces jeunes filles étaient hospitalisées pour les mêmes raisons : idées noires, autoagressions à répétitions sous forme de scarification, ingestion médicamenteuse. Leurs situations familiales et sociales étaient variées mais leur quotidien identique : de longues heures passées sur leur portable, essentiellement sur les réseaux sociaux.

Six ans plus tard la situation est identique dans ce service comme dans tous les services psychiatriques de ce genre. Cela ne signifie pas que les garçons s’en sortent mieux. Simplement l’expression de leur mal-être n’est pas la même. Classiquement, chez les filles, l’expression de la souffrance est internalisée et prend la forme d’auto agressions diverses. Chez les garçons elle est externalisée : colères, coups portés aux autres ou aux objets.

A la consultation Addiction Ados Ecrans à l’EPSM Daumezon (2), nous avons 70 % de garçons et 30 % de filles. Les parents viennent consulter pour leur adolescent qui passe plus de 10 heures par jour sur des jeux gratuits en ligne et deviennent fous quand ils perdent ou que les parents tentent de les décrocher pour qu’ils dorment un peu ou se rendent au collège.

 

Au-delà des effets délétères des réseaux sociaux, vous alertez de manière générale sur la surexposition des enfants et des ados aux écrans… Le temps passé est-il aussi problématique que les contenus ?

Les deux sont indissociables. La gratuité des réseaux sociaux, des jeux vidéo en ligne multi joueurs pousse les concepteurs à surcharger leur produit de procédés addictifs. La récompense aléatoire, ou renforcement intermittent, est le mécanisme addictif le plus puissant utilisé dans les jeux vidéo gratuits en ligne, comme sur les réseaux sociaux.

 

Quels sont les signaux qui doivent alerter les parents sur un usage à risques des écrans par leurs enfants ?

Le parent a rarement besoin de se référer à une source extérieure pour s’apercevoir que son adolescent ne va pas bien. Un enfant, un adolescent, qui quitte de moins en moins sa chambre, qui ne prend plus soin de lui (ne se lave pas), qui est pressé de retourner dans sa chambre après le repas, qui ne veut plus se rendre à une activité extrascolaire qu’il a pourtant choisie (sport, musique etc.), qui ne sort pas pour voir des amis, qui rechigne à participer aux activités en famille, qui refuse de rendre son téléphone portable le soir, dont les résultats scolaires sont en baisse de façon continue est un adolescent qui est tombé dans un usage non maîtrisé des écrans en terme de temps et de contenu.

 

Vous êtes à l’initiative de la méthode « Les 4 pas » pour aider les enfants à bien grandir avec les écrans. En quoi consiste-t-elle ? Par ailleurs, parce que les rapports d’autorité évoluent avec l’âge de l’enfant, vos conseils diffèrent-ils au fur et à mesure que l’enfant grandit, quand l’enfant devient ado et qu’il réclame plus de liberté et d’autonomie dans ses choix et ses pratiques ?

Je suis la créatrice de cette méthode qui est d’abord parue sous une forme plus détaillée (3), puis ensuite abrégée avec le fameux trèfle à 4 feuilles. L’originalité de cette méthode est qu’elle ne fait pas peser la responsabilité sur l’enfant. Du fait de son immaturité affective et cognitive, l’enfant n’est pas en capacité de résister aux procédés addictifs présents sur les plateformes qu’il affectionne. Les « 4 pas » redonnent tout leur pouvoir aux parents ou aux adultes en charge du groupe dans lequel vit l’enfant (les éducateurs s’il est placé à l’ASE). Un enfant ne refusera jamais une règle si elle s’applique à tous y compris les adultes.

Cette méthode sacralise certains moments clés de la journée. Je demande aux parents de ne pas utiliser les écrans le matin car c’est à ce moment de la journée que les capacités d’attention sont les plus importantes. Je leur demande de ne pas mettre d’écrans durant les repas pris en famille pour ne pas nuire aux échanges verbaux, indispensables à l’acquisition du langage chez l’enfant et à la construction du moi social chez l’adolescent. A noter, une TV avec le son coupé est un écran allumé qui distrait l’attention et perturbe les échanges. Je leur demande aussi de ne pas regarder les écrans juste avant de se coucher à cause du rôle délétère de la lumière bleue sur la sécrétion de la mélatonine ; enfin, on ne mettra pas d’écrans (TV, ordinateur…) dans la chambre de l’enfant. Ce dernier « pas » est plus compliqué à faire respecter par les adolescents. Dès que leur enfant devient possesseur d’un smartphone ou d’un ordinateur portable, les parents n’ont plus aucun contrôle sur le temps et le contenu qu’il passe sur l’écran. Dormir est essentiel chez l’adolescent ; aussi, pour celui-ci, je réduis la règle à deux pas : pas d’écrans durant les repas et tous les écrans déposés dans le salon (téléphone, console et ordinateur) à 21 h 00 en semaine.

 

En matière d’usage des écrans, et notamment du smartphone, l’exemplarité parentale est-elle primordiale ?

Oui, cela vaut pour l’éducation en général. L’exemplarité est essentielle. Se comporter comme l’on voudrait que notre enfant se comporte reste la pédagogie la plus efficace.

 

Pour revenir aux réseaux sociaux, leur accès devrait prochainement être interdit aux moins de 15 ans. Etes-vous favorable à cette mesure ? L’interdiction, un bon point d’appui à l’éducation ?

Les réseaux sociaux ne font pas du bien aux enfants et aux adolescents, c’est délétère pour leur santé mentale et leur santé physique. L’économie de l’attention dans lequel ils s’insèrent les poussent à mettre en place des mécanismes de rétention de l’attention redoutables et très addictifs. L’addiction est si puissante que les enfants et adolescents privés de réseaux sociaux trouvent toujours le moyen de contourner le contrôle parental, ou se rendent sur un autre réseau.

N’oublions que ces réseaux permettent tout : se parler en se regardant, filmer, regarder/poster des vidéos courtes et jouer en ligne. Pour le collectif Attention (4) dont je fais partie (un regroupement d’associations sans conflit d’intérêt), nous préconisons un âge limite pour l’accès au téléphone portable : 15 ans. Et nous militons pour l’interdiction de la présence des smartphones dans les collèges et les lycées. Actuellement, il est seulement interdit de les consulter et conseillé de les mettre dans des casiers. Pourtant, tous les enseignants savent que la simple présence d’un portable dans le sac de l’élève modifie ses capacités attentionnelles. Seule l’interdiction stricte de leur présence garantirait un climat scolaire apaisé et repousse l’âge d’accès au premier smartphone, comme l’a montré le travail du collectif Attentive Génération (5) auprès des responsables d’établissement.

 

Notes

1. Unité d’Hospitalisation Temps Complet pour Adolescents de l’EPSM G. Daumezon à Fleury-les-Aubrais.

2. https://www.epsm-loiret.fr/education-therapeutique-addiction-aux-ecrans-et-psychotraumatisme/

3. On la retrouve sur le site sabineduflo.fr, sur différents sites de santé dont celui de l’EPS Ville Evrard, et avec un film d’animation des 4 pas en 4 minutes.

4. https://www.collectifattention.com/

5.  https://pactesmartphone.fr/

 

IL-NE-DECROCHE-PASSabine Duflo propose des consultations « Addictions Ados Ecrans » à l’EPSM (Etablissement public de santé mentale) G. Daumezon.

Elle est l’autrice de « Il ne décroche pas des écrans, comment protéger nos enfants et nos adolescents », éditions L’Echappée, 2024.

 

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