EDITO

« Remettre l’exigence au cœur de l’école ». Notre Fédération ne peut que souscrire aux propos volontaristes du ministre de l’Éducation nationale, Edouard Geffray. Pour les parents d’élèves, la priorité de l’institution scolaire est bien en effet de veiller à apporter un enseignement de qualité à leurs enfants.
Cette parole du ministre intervient à rebours des constats inquiétants découlant des évaluations comparatives internationales. Celles-ci viennent inlassablement rappeler que, depuis plusieurs années, sinon des décennies, les différents classements internationaux, tout comme les résultats des évaluations nationales par ailleurs, indiquent une baisse du niveau des élèves français.
Seul indicateur positif, les taux de réussite au brevet et au bac atteignent des sommets. Ce relatif motif de satisfaction pourrait bien être mis à mal par cette nouvelle ambition : « Les élèves qui rendent des copies mal rédigées ne peuvent pas avoir le bac ». Les propos très nets du ministre semblent devoir marquer une rupture dans l’évaluation de la rédaction, laquelle pourrait voir l’exigence venir bousculer la bienveillance longtemps de mise en la matière.
Si l’on peut naturellement approuver l’impératif exprimé par Edouard Geffray, on peut aussi légitimement s’interroger sur la prise en compte nécessairement globale du parcours de l’élève. À la veille des épreuves du baccalauréat n’est-il pas trop tard pour se montrer enfin exigeant sur la maîtrise de l’orthographe, de la syntaxe et de la grammaire ? La baisse du nombre d’heures de français dispensées entre les années 1970 et 2020, de l’ordre de 20 à 30 %, invite à commencer par le commencement.
Emmanuel Garot, président national