3e, 2nde : réussir son orientation !
L’heure est aux décisions majeures pour les collégiens de 3e qui abordent leur première grande étape d’orientation. Ce choix crucial s’articule entre une poursuite d’études en voie générale et technologique – un vœu formulé par environ deux tiers d’entre eux – ou une orientation vers la voie professionnelle. Dans ce dernier cas, plusieurs parcours s’offrent à eux, comme s’engager pour trois ans vers un baccalauréat professionnel ou opter pour un CAP en deux ans, sachant que ces formations peuvent être suivies sous statut scolaire classique ou par la voie de l’apprentissage.
Les élèves en seconde générale et technologique arrivent eux aussi à un carrefour décisif. Ils doivent en effet se déterminer pour leur entrée en première, en choisissant soit une série technologique, soit la voie générale, laquelle impose le choix stratégique des enseignements de spécialité. En effet, pour la plupart des lycéens, il va conditionner la poursuite des études dans le supérieur. L’information et l’accompagnement sont les clés pour une orientation éclairée, et surtout bien anticipée, vers le chemin de la réussite. Un cheminement dans lequel les parents ont tout leur rôle à jouer !
Journées dédiées à l’orientation, stage d’observation en milieu professionnel, rencontres parents-enseignants, entretien individuel d’orientation avec le professeur principal, éventuel rendez-vous avec le psychologue de l’Education nationale, spécialiste de l’orientation… Au cours de leur dernière année au collège, les élèves de 3e auront bénéficié de nombreuses opportunités pour construire leur projet d’orientation. Car le temps du choix est venu ! En effet, dans quelques jours, au cours du mois de mai, l’élève et sa famille devront se déterminer sur la voie à suivre à la rentrée prochaine.
Plusieurs options sont possibles, à commencer par le choix de la voie de formation :
- soit la voie générale et technologique, avec la seconde GT ;
- soit la voie professionnelle.
Dans l’enseignement professionnel, il existe plusieurs possibilités d’études :
- la seconde professionnelle, avec un choix à faire parmi les spécialités ou les familles de métiers proposées.
- La première année de CAP, certificat d’aptitude professionnelle, avec une spécialité à choisir – avec notamment 9 spécialités de CAP agricole.
- Nouveauté cette année, avec l’arrivée du BNMA (Brevet National des Métiers d’Art), un diplôme préparé en trois ans après la classe de 3e et permettant un accès aux formations de l’enseignement supérieur. À compter de cette rentrée, quatre spécialités seront proposées, dont la bijouterie, avec, par exemple, des options en joaillerie, sertissage et polissage finition.
Il est possible de suivre ces cursus en apprentissage (alternance entre des cours théoriques et périodes en entreprise – lire ICI notre « mode d’emploi de l’apprentissage en 7 questions-réponses »). Soulignons que le choix de l’apprentissage nécessite une grande motivation et une identification déjà forte au projet professionnel, ainsi qu’une certaine maturité.
1re générale ou 1re technologique ?
Confrontés également à un choix d’orientation déterminant, les lycéens de seconde GT (générale et technologique), qui vont s’engager à la rentrée dans un cycle terminal (première et terminale), doivent opter soit pour la voie générale (avec des spécialités à choisir), soit pour la voie technologique, où ils ont le choix entre 8 séries.
Choix de série et de spécialités
Dans la voie « techno », l’organisation des enseignements de spécialité colle à celle en voie générale sur la forme (3 enseignements de spécialité en première, et 2 en terminale), mais ces enseignements de spécialité sont imposés aux élèves – mises à part les séries STMG (sciences et technologies du management et de la gestion) et STI2D (sciences et technologies de l’industrie et du développement durable) pour lesquelles un choix d’enseignement spécifique doit être effectué en fin d’année de 1re.
« Dans la voie générale, l’enseignement reste très théorique, le niveau d’abstraction est élevé, les élèves qui choisissent cette voie doivent être intéressés par au moins 3 matières fondamentales (les enseignements de spécialité), et être à l’aise avec le raisonnement et l’expression tant écrite qu’orale ; le but étant les études supérieures longues », prévient Anaïs, Psy-EN (conseillère en orientation), en Nouvelle-Aquitaine.
Quant aux choix des enseignements de spécialité, il est doublement capital : d’une part parce que leur évaluation au baccalauréat compte pour le tiers de la note finale, et, d’autre part, parce que ce choix facilitera – ou non ! – l’entrée dans la plupart des formations sélectives de l’enseignement supérieur (lire en encadré plus bas).
Dans tous les cas, pour les collégiens de 3e comme pour les lycéens de seconde, choisir n’est pas renoncer ! Aujourd’hui, les passerelles se sont multipliées entre les formations et les réorientations sont facilitées ; il n’est jamais trop tard pour trouver sa voie !
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S’informer sur la voie pro
Proposé par le ministère de l’Education nationale, Inserjeunes est un service en ligne d’aide à l’orientation des jeunes en voie professionnelle. Il permet de s’informer sur les formations, trouver la formation professionnelle, par l’apprentissage ou par la voie scolaire, du niveau CAP au BTS, la plus adaptée pour entrer dans le monde du travail
Inserjeunes apparaît comme une ressource essentielle pour permettre aux jeunes et à leurs familles de faire leur choix de formation après la 3e en voie pro en toute connaissance de cause. En effet, le service fournit pour chaque formation, chaque lycée professionnel ou centre de formation d’apprentis (CFA), plusieurs indicateurs tels que le taux de poursuite d’études, le taux d’emploi des jeunes à la sortie, le taux de rupture de contrats d’apprentissage, etc.
Inserjeunes est à découvrir ICI.
Enseignements de spécialité 1re : anticiper la bonne formule !
En fin de seconde, l’élève qui se destine vers la voie générale doit choisir trois enseignements de spécialité de 4 heures parmi les 13 possibles… et proposés par le lycée. En entrant en terminale, il ne conserve que 2 enseignements de spécialité sur les 3 qu’il a choisis et suivis en première. Ces 2 enseignements de spécialité, d’une durée de 6 heures hebdomadaires, feront l’objet d’une évaluation terminale pour le baccalauréat. Mais, aussi et surtout, le choix des enseignements de spécialité s’avère déterminant pour Parcoursup, la procédure d’inscription dans l’enseignement supérieur.
Il s’agit donc de faire preuve d’anticipation et de faire des choix qui correspondent aux attentes des formations du supérieur.
Thotis, plateforme digitale référence pour l’orientation, nouveau partenaire de la PEEP, propose des informations et des outils interactifs qui répondront précisément à toutes les interrogations dans le choix des enseignements de spécialité, en fonction des études supérieures visées : par exemple pour des études médecine (PASS ou LAS) ou de droit, pour intégrer une classe prépa spécifique comme « BCPST » (Biologie, Chimie, Physique et Sciences de la Terre), etc.
Etudes supérieures : de l’importance de la spécialité mathématiques
La spécialité « Mathématiques » apparaît incontournable quand on envisage de suivre des études supérieures dans le domaine scientifique, en particulier pour les classes préparatoires aux grandes écoles (CPGE). Mais cette spécialité demeure aussi capitale pour s’ouvrir d’autres portes d’entrée. Ainsi, par exemple, selon Thibaud Arnoult, co-fondateur de Thotis, « pour la classe prépa ECG (Economique et commerciale générale), la spécialité Mathématiques est essentielle ». De même, pour une licence d’économie-gestion ou AES, « la spécialité Mathématiques est fortement conseillée, notamment pour les parcours incluant des statistiques ou de l’économétrie. »
Les 13 « EDS » proposés
Il existe 13 enseignements de spécialité (EDS). Mais le choix pour les lycéens de la voie générale est rarement aussi étendu : en effet, tous les lycées ne peuvent pas proposer l’ensemble des spécialités ; en général, la moyenne se situe entre 6 et 8 spécialités.
- Arts (plusieurs possibilités : cirque, danse, musique, théâtre, cinéma-audiovisuel…)
- Histoire géographie, géopolitique et sciences politiques
- Humanités, littérature et philosophie
- Littératures et langues et cultures de l’Antiquité
- Langues, littératures et cultures étrangères et régionales
- Mathématiques
- Numérique et sciences informatiques
- Sciences de la vie et de la Terre
- Sciences de l’ingénieur
- Sciences économiques et sociales
- Physique-chimie
- Biologie écologie (un enseignement de spécialité dispensé en lycée agricole)
- Education physique, pratiques et cultures sportives.
Un calendrier et une procédure à respecter
C’est au mois de mai que se joue une phase décisive de l’orientation : les élèves et leurs familles doivent formuler leurs choix définitifs. Auparavant, leurs premières intentions auront été examinées lors du conseil de classe du 2e trimestre, qui aura émis un avis provisoire – une aide à la réflexion qui peut permettre d’engager un dialogue famille/équipe éducative si les souhaits de l’élève ne correspondent pas à l’avis émis du conseil de classe.
- Pour les élèves de seconde GT : on indique la voie choisie (générale ou technologique), puis, pour la voie générale, les trois spécialités qui seront suivies en classe de première (lire en encadré page 9), idem pour la voie technologique avec la série souhaitée.
- Pour les élèves de 3e, le calendrier est très précis : le choix des formations (seconde GT, bac pro, CAP…) et des établissements souhaités par les familles doit être donné entre le lundi 4 mai et le mardi 26 mai. Une opération qui se fait soit en remplissant les fiches transmises par le collège, soit en se connectant au portail Scolarité Services avec leur compte Éduconnect.
- Ensuite, les choix d’orientation sont examinés lors du conseil de classe du 3e trimestre – ils se tiendront à partir du mardi 2 juin. Le conseil donne un avis, et le chef d’établissement prend la décision d’orientation. En cas de désaccord entre la famille et la décision, il existe des procédures de recours.
Contester une décision d’orientation
En 3e et en seconde, il arrive que l’orientation envisagée par l’élève et sa famille ne corresponde pas à la proposition d’orientation du conseil de classe du 3e trimestre. En cas de désaccord, vous pouvez faire appel. Première étape : prenez rendez-vous avec le chef d’établissement pour un entretien, et préparez votre argumentaire pour plaider sa cause : votre enfant a pu être malade, avoir des problèmes familiaux, des professeurs n’ont pas été remplacés, etc.
Si ce rendez-vous se solde par un échec, vous pouvez saisir la commission d’appel dans un délai de 3 jours ouvrables à compter de la réception de la notification de la décision du chef d’établissement. Cette instance, présidée par le Dasen (Directeur académique des services de l’Education nationale), comprend des chefs d’établissement, des enseignants, des parents d’élèves, ainsi que des personnels d’éducation, d’orientation et de santé. Attention : vous ne serez entendu que si vous en formulez la demande par écrit avec la mention des motivations qui l’ont fondée.
Le maintien dans la classe d’origine peut être demandé par la famille si le désaccord avec la décision d’orientation perdure à l’issue de l’entretien avec le chef d’établissement ou de la commission d’appel.
Enfin, n’hésitez pas à contacter les représentants de votre APE PEEP : ceux-ci pourront vous accompagner utilement dans votre démarche.
Orientation : quel rôle pour les parents ?
Quand l’heure des choix d’orientation approche, des choix qui vont forcément influer sur l’avenir de l’enfant, le soutien et l’accompagnement parental est essentiel. Il convient néanmoins d’éviter deux principaux écueils : trop s’investir, en cherchant à influer sur le choix de l’enfant, ou au contraire le laisser en totale autonomie, en roue libre.
L’aide des parents est précieuse car qui d’autres qu’eux pour bien cerner avec leur enfant ses atouts et ses faiblesses, en prenant en compte non seulement ses résultats, mais aussi ses centres d’intérêt, ses valeurs, sa personnalité…
Les parents ont également un rôle moteur pour lui ouvrir le « champ des possibles », par exemple en l’incitant à multiplier ses sources d’information, à se documenter sur des métiers et des filières, à rencontrer des professionnels, à se rendre sur des forums d’orientation, etc.
En matière d’aide à l’orientation de son enfant, le rôle des parents doit remplir un large spectre : être à l’écoute, rassurer, encourager, conseiller, informer… En résumé, être au plus près d’eux, à un moment où ils en ont vraiment besoin !