Collège : les « groupes de besoins » désormais facultatifs
Mesure-phare du « Choc des savoirs », les groupes de besoins en français et en mathématiques, institués à la rentrée en 2024 pour les collégiens de 6e et de 5e, deviendront facultatifs dès la rentrée 2026.
Mise en place dans la douleur, suscitant nombre de polémiques au sein de la communauté éducative – en particulier chez les enseignants –, puis réajustée, allégée, assouplie… Au final, à peine deux ans après son installation, la réforme organisationnelle d’envergure qui a institué « obligatoirement » les groupes de besoins au collège se transforme en option facultative…
Mise en place partielle
Initialement appelés « groupes de niveau », le dispositif consistait, pour les enseignement de français et de mathématiques, à placer les élèves de 6e et de 5e dans des petits groupes, en fonction des « besoins » des élèves – un terme que l’on pouvait aussi identifier en réalité comme le « niveau » des élèves.
Officiellement appliquée depuis a rentrée 2024, cette mesure d’importance n’a finalement été que partiellement appliquée, et de façon très hétérogène – à la rentrée 2025, moins d’un collège sur cinq appliquait « strictement » la mesure, selon une enquête du syndicat Snes-FSU…
Tout sauf une surprise
Un arrêté du 10 mars rend donc ces « groupes de besoins » facultatifs. On revient à une organisation locale, à l’échelle du collège – ce qui, n’en doutons pas, sera accueilli favorablement par les responsables des établissements scolaires en termes d’organisation, de gestion des effectifs (élèves et enseignants) et des horaires…
La disparition programmée de ces groupes de besoins n’est pas vraiment une surprise. Déjà, il y a un an, en mai 2025, un rapport de l’Inspection générale de l’éducation, du sport et de la recherche, préconisait d’abandonner le modèle initial et de renforcer au contraire l’autonomie des collèges pour l’organisation de ces enseignements. Enfin, outre l’opposition qu’ils ont suscitée, les groupes de besoins n’ont pas réellement montré leur efficacité, loin de là (voir encadré ci-dessous)…
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Ils ont expérimenté les « groupes de besoins », ils ont été évalués…
Les élèves actuellement en 5e et en 4e, qui sont donc censés avoir reçu leurs enseignements de maths et français en « groupes de besoins » pendant une année complète, ont été évalués en septembre dernier.
En 5e, les résultats indiquent que seul un élève sur deux (52 %) présente une maîtrise satisfaisante en français… Autre chiffre inquiétant, dans les collèges situés en « éducation prioritaire », ce taux n’est que de 34,6 % en REP et tombe même à 24,9 % en REP ! (résultats complets ICI).
En 4e, la situation est tout aussi préoccupante : les performances en français reculent, avec moins d’élèves placés dans les groupes performants et davantage dans les groupes les plus faibles (résultats complets ICI).
Le nouveau texte qui sera en vigueur
Le nouveau texte précise qu’un accompagnement pédagogique « PEUT donner lieu, en classes de 6e et de 5e, pour les enseignements de français et de mathématiques, à des organisations pédagogiques diversifiées, notamment, pour tout ou partie de l’horaire, à des groupes à effectifs réduits et/ou constitués en fonction des besoins des élèves ».