Santé mentale : « repérer tôt et orienter vite »
De nouvelles mesures ont été prises pour mieux prendre en charge la santé mentale des jeunes, notamment la mise en œuvre d’un nouveau dispositif d’orientation prioritaire.
Face à la dégradation de la santé mentale des enfants et des jeunes observée ces dernières années, le bien-être et la santé des élèves font désormais partie des priorités du pays, comme en témoigne le prolongement en 2026 de la santé mentale comme grande cause nationale. Après la mise en œuvre d’un plan « santé mentale à l’école », qui prévoit notamment la mise en œuvre d’un protocole de repérage et de prise en charge des situations de souffrance psychologique chez les jeunes (lire plus bas), de nouvelles mesures viennent d’être annoncées.
Rendez-vous sous 48 heures
Ainsi, à compter de la rentrée 2026, lorsqu’un médecin, un infirmier, un psychologue ou un assistant de service social de l’Éducation nationale identifiera un enfant ou un adolescent en situation de souffrance psychique, celui-ci pourra obtenir une orientation prioritaire vers une structure adaptée de son territoire grâce à un dispositif de prise en charge accélérée. Concrètement, il devra bénéficier d’un « coupe-file pour avoir rendez-vous dans les 24-48 heures » avec un professionnel. L’objectif est d’agir plus tôt, d’orienter plus vite, et d’accompagner davantage.
De même, lorsqu’un risque de passage à l’acte ou un danger vital sera identifié, les familles pourront bénéficier d’une prise en charge immédiate grâce au Service d’accès aux soins et aux filières psychiatriques d’urgence.
« Un élève en souffrance psychique doit être protégé et n’est pas en situation d’apprendre correctement, a justement rappelé Edouard Geffray, ministre de l’Education nationale. Repérer tôt et orienter vite, c’est protéger à la fois sa santé et son avenir scolaire ».
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Le plan « santé mentale à l’école » prévoit plusieurs mesures :
- Un protocole « santé mentale » doit être rédigé par tous les établissements du second degré et par circonscription du premier degré.
- Deux « personnels repères en santé mentale » doivent être formés dans chaque établissement du second degré et par circonscription du premier degré.
- Des numéros obligatoires d’information et de prévention doivent être affichés dans les écoles et les établissements scolaires :
- Le 3018, le numéro dédié aux jeunes victimes et aux témoins de harcèlement et de violences numériques.
- Le 119, qui accueille les appels des enfants et des adultes confrontés à une situation de risque ou de danger (numéro gratuit et confidentiel, joignable 24h/24 – 7j/7).
- Le 3114, numéro national de prévention du suicide.
Santé mentale et bien-être des adolescents : des signes d’amélioration, mais des souffrances persistantes
Début juin, Santé publique France a publié de nouveaux résultats d’EnCLASS, une étude qui décrypte la santé mentale des jeunes scolarisés au collège et au lycée. Parmi les résultats les plus notables : • 70 % des collégiens et 63 % des lycéens déclarent un bon niveau de bien-être mental, avec une hausse respective de 11 et 12 points par rapport à 2022, chez les garçons comme chez les filles. On observe une diminution de la part des jeunes qui disent ressentir un sentiment de solitude : 15 % des collégiens et 20 % des lycéens. • 45 % des collégiens rapportent des plaintes psychologiques plus d’une fois par semaine. • 19 % des lycéens ont un risque important de dépression, plus marqué chez les filles (+3,5 points par rapport à 2022), et 20 % des lycéens déclarent avoir eu des pensées suicidaires au cours des 12 derniers mois. L’enquête complète est à retrouver ICI.