EDUCATION

Santé mentale : quand l’école pèse sur le moral

HD-480-moralPrès d’un jeune sur trois présente un risque de détresse psychologique modérée à sévère. Pression scolaire et inquiétudes sur l’orientation : les résultats de l’étude Mentalo, menée auprès des 11-24 ans – et relayée à plusieurs reprises par la PEEP –, soulignent le poids de la scolarité sur leur bien-être mental.

 

Depuis mai 2024, l’étude Mentalo, portée par une équipe de recherche de l’Inserm et de l’université Paris Cité, suit la santé mentale des jeunes pour mieux comprendre ce qui la fragilise. Plus de 20 000 jeunes de 11 à 24 ans ont participé à cette enquête de grande ampleur dont les résultats viennent d’être dévoilés (à découvrir ICI).

Premier enseignement : le bien-être mental tend à diminuer avec l’âge. Alors que 63 % des collégiens déclarent se sentir bien ou très bien mentalement, cette proportion tombe à 50 % chez les lycéens, puis à 30 % chez les jeunes adultes sans activité. Le passage au lycée apparaît ainsi comme une période charnière, particulièrement pour les filles. La moitié des collégiennes disent se sentir bien, contre un peu plus d’un tiers des lycéennes.

Les écarts entre les genres sont également marqués : six garçons sur dix déclarent se sentir bien ou très bien mentalement, contre quatre filles sur dix.

Autre fait marquant, l’évolution observée entre 2024 et 2026 montre une dégradation du bien-être ressenti, notamment chez les collégiennes : la proportion de celles qui se sentent bien ou très bien est passée de 66 % à 37 % sur ces deux ans.

Selon l’étude Mentalo, près d’un quart des garçons présentent un risque modéré à sévère de détresse psychologique de type anxio-dépressif, contre presque la moitié des filles. Chez les lycéennes, cette proportion atteint 44 % !

 

Réussite, orientation : une pression qui pèse

La scolarité constitue le premier facteur identifié par les jeunes lorsqu’ils expliquent une évolution de leur santé mentale. Ces préoccupations se concentrent sur les résultats, la peur de l’échec, les choix d’orientation… L’étude indique que 73 % des jeunes se sentent préoccupés et que 45 % ressentent une pression importante à la réussite. Cette dernière concerne davantage les filles, 53 %, que les garçons, 37 %.

L’orientation est une autre source de stress chez les jeunes – comme on peut l’observer dans la crise lycéenne actuelle. Près d’un jeune sur deux se dit très préoccupé par son orientation scolaire ou professionnelle. Autre chiffre notable, 60 % déclarent être stressés par la façon dont les décisions d’orientation sont prises ; cette proportion atteint 68 % chez les lycéens et 78 % chez les lycéennes.

 

L’importance du relationnel

Si ce sont les événements en lien avec leur scolarité qui impactent principalement la santé mentale des jeunes, les relations avec l’entourage arrivent ensuite. Celles-ci peuvent être négatives comme positives. Ainsi, un événement en lien avec les amis est en cause dans 36 % des cas de détérioration et 21 % des cas d’amélioration, avec les parents dans respectivement 23 % et 17,5 %. La relation amoureuse est également un facteur important, respectivement 24 % et 18 % des cas. Enfin, l’actualité, particulièrement anxiogène aujourd’hui, a également une influence : 15 % des jeunes la cite comme source de dégradations de leur santé mentale.

 

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Les dangers de l’hyperconnexion

Sans surprises, l’étude Mentalo montre que plus le temps passé devant les écrans (en dehors des devoirs et du travail) augmente, plus le risque de détresse psychologique est élevé : le risque est environ 2,5 fois plus élevé chez ceux qui déclarent sept heures d’écran ou plus par jour que chez ceux qui y consacrent moins d’une heure ! De manière générale, pour les jeunes, se déclarer dépendant aux réseaux sociaux est lié à une augmentation de leur risque de détresse psychologique modérée à sévère.

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