EDUCATION

Dédoublement de classes en éducation prioritaire : une réussite ?

HD-474---actu-classes---nlInitié à la rentrée 2017, le dédoublement des classes en éducation prioritaire a produit des effets positifs pour les élèves concernés, mais juste sur le court terme, nous apprend la synthèse qui vient d’être publiée par le ministère.

 

Retour en arrière, il y a presque 10 ans : en septembre 2017, face au constat alarmant concernant la maîtrise des savoirs fondamentaux, le ministère de l’Education nationale, sous l’autorité de Jean-Michel Blanquer, mettait progressivement en place le dédoublement des classes de CP, puis de CE1 et de grande section de maternelle, au sein des écoles classées en REP+ et en REP (Réseaux d’Education Prioritaire). Une réforme d’ampleur basée sur le lien généralement établi entre la baisse très significative du nombre d’élèves par classe et l’amélioration des résultats des élèves. Ce que défend également Nathalie, enseignante en REP à Toulouse : « Les enfants apprennent mieux et plus vite en travaillant par groupe et ce système favorise la proximité et l’intervention personnalisée de l’enseignant. »

 

Des bénéfices qui ne perdurent pas

Mais qu’en est-il réellement sur le niveau scolaire ? Selon la synthèse de la Direction de l’évaluation, de la prospective et de la performance (DEPP), publiée en février, la mesure a produit des effets positifs significatifs sur les apprentissages en début de scolarité… mais ces bénéfices n’apparaissent plus à l’entrée en 6e ! L’étude rapporte ainsi que « en comparant les scores des élèves issus des écoles REP+ à ceux des élèves issus des écoles REP qui n’avaient pas connu le dédoublement, aucune différence statistiquement significative ne s’observe à l’entrée en 6e, en français comme en mathématiques. »

 

Pas de solution miracle

En conclusion, la taille des classes ne constitue pas, à elle seule, une solution miracle face aux inégalités scolaires – « le contexte propre à l’éducation prioritaire peut freiner la consolidation des effets », soulignent les auteurs de la synthèse, qui interrogent également sur les profils des enseignants prenant en charge les élèves de l’éducation prioritaire, un « levier d’efficacité » qui pourrait s’avérer déterminant.

 

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Question d’effectifs

Le dédoublement des classes de grande section de maternelle, de CP et de CE1 en éducation prioritaire allège considérablement les effectifs de la classe puisque le maximum d’élèves par classe est fixé à 12. Mais, dans les faits, pour des questions de place, il est arrive que la salle de classe soit partagée en deux, avec deux enseignants chargés chacun d’un groupe de classe.

On le sait, depuis quelques années, la natalité est en berne. Conséquence, comme l’a annoncé le ministère, pour la rentrée 2026, l’ensemble des écoles publiques accueillera près de 150 000 élèves de moins : le nombre moyen d’élèves par classe atteindra ainsi 21 dans les écoles, « son plus bas niveau historique ».

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