EDUCATION

Etudiants : l’état d’alerte

419---actu-supDétresse psychologique, décrochage dans les études, précarité sociale et paupérisation… La crise du Covid, avec toutes ses conséquences, touche de plein fouet les étudiants. Les timides réponses du président de la République et du gouvernement semblent bien insuffisantes face à leurs désespérances.

 

«C’est dur d’avoir 20 ans en 2020 ». Prononcé par le président de la République le 14 octobre dernier, cet aveu, d’un implacable constat, résonne toujours aussi mal aux oreilles des étudiants en ce début d’année 2021. Depuis bientôt un an, la crise sanitaire, qui s’accompagne de confinements et de couvre-feux, plonge de nombreux étudiants dans d’autres crises, peut-être moins bruyantes, moins visibles, mais tout aussi profondes.

La suppression des cours en présentiel demande une autonomie qui n’est pas partagée par tous les étudiants ; coupés de lien social, nombre d’entre eux souffrent de cet isolement, qui se transforme progressivement en détresse psychologique. Déjà, à l’issue du premier confinement, 23% des étudiants déclaraient avoir eu des idées suicidaires, selon une enquête menée par l’organisation étudiante La Fage avec Ipsos.

 

De timides mesures

La situation perdure, la crise s’amplifie. Et le gouvernement tarde à prendre à la mesure de cette détresse, comme l’a regretté le 14 janvier la section PEEP SUP, exprimant « son extrême inquiétude sur les conditions de vie et d’études des étudiants  ».

Le Premier ministre et la ministre de l’Enseignement supérieur, de la Recherche et de l’Innovation ont annoncé le 15 janvier quelques mesures pour les étudiants. Outre un renfort de psychologues et d’assistants sociaux, les TD (travaux dirigés) en demi-jauge pour les étudiants de première année pourront reprendre. Quelques jours après,  c’est le président de la République lui-même qui a fait des annonces pour améliorer le quotidien des étudiants (lire en encadré).

 

Chèques « soutien psychologique »

De timides avancées, mais une mesure retient cependant l’attention : la mise en œuvre d’un dispositif de chèques « soutien psychologique ». Une annonce qui répond à l’engorgement des pôles santé universitaires (il faut plusieurs semaines pour obtenir un rendez-vous !) et qui pourra ainsi permettre aux étudiants de pouvoir consulter des psychologues ou psychiatres libéraux. Ce chèque « soutien psychologique », qui doit être mis en place début février, devrait prendre en charge jusqu’à 3 consultations.

 

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ZOOM

Les mesures annoncées par Emmanuel Macron

Jeudi 21 janvier, en déplacement à l’université de Paris-Saclay (Essonne), le chef de l’Etat a fait plusieurs annonces pour les étudiants. Emmanuel Macron a ainsi indiqué que chaque étudiant « devait pouvoir revenir à l’université un jour par semaine » dans des amphis avec une jauge maximum de 20%. Reste maintenant aux universités à s’organiser pour garantir ce temps en présentiel d’une journée par semaine en moyenne, et ce avec toutes les contraintes sanitaires imposées…

Outre la création des « chèques psy » (lire par ailleurs), une autre annonce a été faite par le chef de l’Etat, notamment pour répondre à la précarité sociale dans laquelle sont tombés de nombreux étudiants, privés de job à cause de la fermeture des bars et restaurants en particulier : la possibilité pour tous les étudiants (et plus seulement les boursiers) d’avoir accès à deux repas par jour pour le prix d’un euro le repas dans les restos U (repas à emporter).

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