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Grève : quelles conséquences ?

409---actu-greveLes mouvements de grève contre la réforme des retraites entraînent de nombreuses répercussions pour les familles : problèmes de garde des enfants, cours à rattraper, examens perturbés…

 

Depuis le 5 décembre, la France est à l’arrêt. Outre les transports, de nombreux secteurs d’activité subissent les conséquences des grèves contre la réforme des retraites portée par le gouvernement.  L’école n’y échappe pas, les enseignants se sont massivement mis en grève à plusieurs reprises. Une situation qui complique fortement l’organisation du quotidien de nombreuses familles. Mais surtout, ces grèves ont un impact qui varie fortement d’une commune à l’autre… La raison ? L’application ou non du service minimum d’accueil (SMA), une obligation faite aux mairies d’organiser l’accueil des élèves en cas de grève du personnel enseignant (lire ci-dessous).

 

Inégalités

Que vous soyez parents d’élèves à Morlaix, Bougival ou Apt, vous n’êtes pas logés à la même enseigne ! Lors des 4 journées de grève interprofessionnelle, ici un service d’accueil sera organisé au sein de l’école ou au centre de loisir de la commune, là l’école sera fermée et les parents « invités à prendre leur disposition pour assurer la garde leurs enfants », comme l’indiquent, dans un style souvent lapidaire, les communes qui n’assurent pas le SMA. Raisons invoquées dans la plupart des cas ? Des contraintes logistiques et un manque d’effectif pour encadrer les élèves.

Au final, quand l’obligation d’accueil des élèves prévue par la loi se heurte aux réalités du terrain (et parfois à la mauvaise volonté de certains maires qui, pour des raisons idéologiques ou politiques, refusent de mettre en place le SMA pour ne pas « casser la grève »), ce sont les parents d’élèves qui se trouvent démunis…

A ces problèmes de garde d’enfants s’ajoute une autre complication : comme les élèves de primaire, les collégiens et les lycéens auront manqué de nombreuses heures de cours. Un stress supplémentaire pour beaucoup, notamment les élèves de première qui doivent passer fin janvier des épreuves communes de contrôle continu (E3C) qui vont compter pour le nouveau bac. Des épreuves menacées d’ailleurs de boycott par certains enseignants, une situation intolérable dénoncée par la Peep.

Précisons que si dans le secondaire aucun service d’accueil minimum n’est prévu, les établissements restent ouverts quand les enseignants sont en grève. Mais, contrairement au primaire, les enseignants ne sont pas tenus de se déclarer à l’avance. Ainsi, alors qu’ils auront été nombreux à être déjà confrontés à des problèmes de transport pour se rendre dans leur établissement scolaire, combien d’élèves auront-ils passé des heures « pour rien » dans leur collège ou leur lycée ?

Primaire, secondaire… mais aussi supérieur ! Tous les niveaux éducatifs sont impactés par le conflit ; ainsi, dans plusieurs universités (Rennes, Paris, Bordeaux, Amiens…), des examens sont reportés ou annulés à cause de blocages mis en place par des étudiants.

Autant de situations problématiques qui perturbent le quotidien de trop nombreux parents et élèves. Jusqu’à quand ? Car, en dépit de certaines avancées, à l’heure où nous bouclons, le conflit dure, dure…

 

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ZOOM

SMA, mode d’emploi

La loi n° 2008-790 du 20 août 2008 a créé un droit d’accueil au profit des élèves des écoles maternelles et élémentaires. La circulaire d’application indique en substance : « En cas de grève, lorsque le nombre de personnes ayant déclaré leur intention de faire grève est supérieur ou égal à 25 % des enseignants de l’école, le service d’accueil est assuré par la commune ». Pour que ce Service minimum d’accueil (SMA) puisse être correctement mis en place, obligation est faite pour chaque enseignant de déclarer son intention de prendre part à la grève au moins quarante-huit heures avant. Les communes déterminent librement le lieu d’accueil des enfants et doivent communiquer toutes les modalités pratiques d’organisation du service aux familles.

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