DOSSIER

Nouvelle année scolaire : ce qui va changer

HD-479---ouv-dossierA chaque rentrée son lot de nouveautés. Mais, à quelques mois des élections présidentielles, sans surprise, on n’assistera pas à la mise en œuvre de réformes d’envergure, comme ce fut le cas avec les anciens ministres de l’Education Jean-Michel Blanquer (réforme du bac et du lycée) et Gabriel Attal (« Choc des savoirs ») notamment. D’ailleurs, déjà au printemps, l’actuel ministre de l’Education nationale, Edouard Geffray, avait prévenu : « aucune grande réforme à la rentrée ».

Néanmoins, l’année scolaire qui démarre verra la mise en œuvre de plusieurs changements. Citons, entre autres, la mise en place de nouveaux programmes en maternelle, mais aussi en français et en maths pour les élèves de CM2 et de 5e, la très médiatisée interdiction du portable au lycée, l’instauration d’un barème « maîtrise de la langue » au bac et au brevet, ou encore, à l’heure où de multiples affaires se font jour concernant les atteintes aux enfants dans le cadre scolaire et périscolaire, la passation par tous les élèves, de la grande section de maternelle à la terminale, d’un questionnaire sur les violences sexistes et sexuelles (VSS) dont ils pourraient faire l’objet ; un questionnaire adapté à chaque tranche d’âge qui sera soumis aux élèves en novembre, en même temps que le questionnaire « harcèlement ».

 

Le remède au décrochage ? Alors que les résultats catastrophiques de nos élèves en maths et en français viennent d’être dévoilés dans la dernière enquête Pisa (lire notre page Actu), de nouveaux programmes dans ces deux matières fondamentales sont entrés en vigueur depuis la rentrée, en CM2 et en 5e (après les CM1 et les 6es l’an passé).

 

HD-479---dossier-primaireProgrammes : des objectifs annuels bien identifiés

En CM2, le nouveau programme met l’accent sur la maîtrise de la langue, avec des objectifs annuels bien identifiés ; auparavant, pour évaluer les compétences à acquérir, on se positionnait sur la notion de cycles, tous les 3 ans. A remarquer, les élèves de CM2 vont – toujours – apprendre à accorder le participe passé avec le COD pour les verbes conjugués avec l’auxiliaire avoir ; une règle que certains linguistes voulaient récemment supprimer car jugée notamment trop difficile. En maths, le nouveau programme fait la part belle à la résolution de problèmes, qui doivent aider les élèves à mieux comprendre les notions mathématiques ; les élèves devront automatiser le calcul mental et maîtriser les quatre opérations. Ils étudieront également les grandeurs et mesures, la géométrie (figures, solides, symétrie), les conversions, les fractions (être en mesure par exemple de déterminer les deux tiers de 18 euros).

Au collège en 5e, première année du cycle 4 qui conduit au brevet, le programme de français met l’accent sur la lecture, tandis que le programme de maths prévoit les premiers apprentissages sur les nombres relatifs et les puissances, l’algèbre (exemple : X + 8 = 13).

A noter, d’une manière générale, pour remettre l’écriture au centre des apprentissages, les textes à trous sont désormais à proscrire à l’école primaire comme au collège au profit de la rédaction manuscrite de phrases complètes.

 

Nouveaux programmes en maternelle

479-cle-enfantComme en CM2 et en 5e, les élèves de maternelle (obligatoire dès 3 ans, pas encore plus tôt aujourd’hui…) vont eux aussi bénéficier de nouveaux programmes sur 4 thématiques : les activités physiques ; les activités artistiques ; « Se repérer dans le temps et l’espace » ; et « Découvrir le monde du vivant, de la matière et des objets ». Rappelons que selon les objectifs fixés par les programmes, à la fin de la grande section, le jeune enfant est censé connaître et utiliser environ 2 500 mots et prononcer correctement les trente-six phonèmes qui composent la langue française. Notons que le ministère de l’Education nationale vient de publier « Les clés de l’enfance 3-6 ans », un guide pour accompagner les parents dans les premières années de scolarité (voir ci-contre).

Pour les élèves de 6e et de 5e, la principale nouveauté réside dans le retour aux enseignements de maths et de français en classe entière ; les groupes de besoins (à effectifs réduits), institués à la rentrée en 2024, deviennent en effet facultatifs depuis la rentrée.

 

Questionner les élèves sur le harcèlement… et les VSS

Depuis quelques années maintenant, la lutte contre le harcèlement scolaire est devenue une priorité pour l’Education nationale ; en témoignent principalement la mise en place du programme pHARe dans tous les établissements scolaires ainsi que, depuis 2023, le questionnaire d’auto-évaluation sur le harcèlement soumis à tous les élèves à partir du CE2, début novembre.

Cette année, parallèlement à ce questionnaire, tous les élèves, de la grande section de maternelle à la terminale seront invités à remplir un questionnaire sur les violences sexistes et sexuelles (VSS). Bien entendu, les questions seront adaptées à l’âge des enfants. Ces questions sont actuellement en cours de rédaction et débattues avec les représentants de la communauté éducative ; elles devraient être finalisées début octobre.

Comme pour le questionnaire Harcèlement, les élèves seront libres d’indiquer ou non leur nom ou prénom. Et ceux qui voudront se confier à un « adulte de confiance » le pourront. On estime qu’un enfant sur 10 est victime de violences sexuelles en France.

 

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Chiffres-clés

Accompagnés par 851 500 enseignants, 11 607 600 écoliers, collégiens et lycéens ont fait leur rentrée – 160 000 de moins que l’an passé ; une tendance qui va s’accélérer les prochaines années. Quant au nombre d’élèves par classe, il s’élève en moyenne à 21 en primaire, 25,3 au collège et 30,5 au lycée général et technologique (18,7 au lycée pro). 

 

Elections, examens… Déjà à l’agenda !

Les dates des grands rendez-vous de l’année scolaire ont d’ores et déjà été dévoilés. A commencer par un moment incontournable pour tous les parents d’élèves : l’élection de leurs représentants au sein des deux grandes instances de décision que sont le conseil d’école au primaire, et le conseil d’administration dans le second degré. Inscrites dans le cadre de la Semaine de la démocratie scolaire, les élections auront lieu le vendredi 9 octobre ou le samedi 10 octobre 2026 (les 2 ou 3 octobre pour La Réunion et à Mayotte).

Rappelons que trois modalités de vote peuvent être proposées, selon l’organisation retenue par le directeur d’école ou le chef d’établissement : le vote à l’urne, le vote par correspondance et le vote électronique, dont la période d’ouverture doit être comprise entre un et cinq jours.

Autre moment-clé de l’année, pour les élèves de terminale, l’ouverture de la procédure Parcoursup ! Le calendrier Parcoursup 2027 sera finalisé d’ici fin septembre et s’inscrira dans une perspective de continuité avec 2026, c’est-à-dire une inscription à partir de mi-janvier.

A la suite des épisodes de canicule que nous avons connus en juin, toutes les épreuves écrites et orales du bac et du brevet se dérouleront dorénavant le matin. Les épreuves écrites du brevet sont fixées les 24, 25 et 27 juin. Pour les lycéens de 1re, l’épreuve anticipée de français se déroulera le 15 juin, celle de maths le 21 juin. Quant aux terminales, ils passeront l’épreuve de philosophie le 14 juin, les épreuves de spécialité, elles, seront étalées du 16 au 18 juin.

 A la veille des sessions 2026 du bac et du brevet 2026, le ministre avait demandé une exigence sur la qualité du français dans la notation. Une demande visiblement peu suivie… Publiée le 17 septembre au bulletin officiel, une grille de notation sur la maîtrise de la langue devra désormais s’appliquer de façon explicite pour la notation de toutes les épreuves écrites du bac et du brevet. En cas de qualité d’expression très insuffisante, l’élève se verra retirer deux points d’office.

 

HD-479---dossier-lyceeSeptembre : le temps des évaluations

C’est désormais un rituel bien établi : tous les élèves de l’école élémentaire et du collège (hormis les élèves de 3e) passent des évaluations nationales en début d’année scolaire, jusqu’à fin septembre. Ces tests portent sur leurs connaissances en français et en mathématiques.

Ces évaluations, dites « repères », sont un outil au service des enseignants afin qu’ils puissent disposer pour chaque élève de points de repères fiables afin d’organiser leur action pédagogique en conséquence. Le professeur peut ainsi affiner sa connaissance des acquis de chacun de ses élèves, les prendre en compte pour orienter son enseignement et accompagner au mieux les apprentissages de tous, avec les outils les mieux adaptés pour favoriser la réussite des élèves.

Les parents d’élèves sont tenus informés des résultats de leur enfant. Le professeur leur remet un document de restitution individuelle avec fiche de positionnement de l’élève par discipline.

Au lycée, sur le même modèle qu’en élémentaire et au collège, on appelle « évaluations » les tests de positionnement. Ces tests sont passés par tous les élèves de seconde (générale et technologique, et professionnelle), également en septembre. Ce « test de positionnement » comprend deux séances de 50 minutes :

  • une première consacrée à la compréhension écrite et orale ainsi qu’à la maîtrise de la langue française ;
  • une seconde portant sur des exercices de mathématiques (calcul, géométrie, etc.).

 

Quel niveau des élèves de seconde ?

Les résultats des tests de positionnement passés l’année dernière par les élèves de seconde révèlent une situation contrastée. Le niveau en français continue de nettement se dégrader, avec une proportion d’élèves appartenant aux groupes les plus faibles qui passe de 12,4 % à 20,1 % en voie générale et technologique ; une proportion qui passe même de 58,3 % à 69 % en voie professionnelle ! En maths, à l’inverse, on note une – légère – amélioration : la part d’élèves en difficulté recule légèrement, de 27,6 % à 26,4 % dans la voie générale et de 77,3 % à 74,3 % dans la voie pro.

 

HD-479-enseignement-proVoie professionnelle : ce qui change cette année

Deux grandes nouveautés au programme cette année pour les élèves de terminale de la voie professionnelle, notamment décidées pour mettre fin au fort absentéisme que l’on constatait en fin d’année scolaire. Ainsi, les épreuves écrites du baccalauréat professionnel auront lieu mi-juin, et non plus au milieu du mois de mai. Autre changement notable, les élèves de terminale bénéficieront de 2 semaines d’accompagnement personnalisé avant la mi-mars, en amont de la clôture des vœux sur Parcoursup. Cette période prendra la forme, selon le souhait de chaque élève :

  • soit 2 semaines de formation en milieu professionnel ;
  • soit 2 semaines de temps d’accompagnement préparant à la poursuite d’études.

Ces 2 semaines d’accompagnement personnalisé remplaceront le « parcours différencié » (aussi nommé « parcours en Y ») organisé jusque-là en fin d’année scolaire.

Autre nouveauté dans la voie pro cette année, un diplôme national, le Brevet national des métiers d’art (BNMA), est créé ! Le BNMA se prépare en 3 ans après la classe de 3e. Ce nouveau diplôme de niveau 4 donne les mêmes droits que le baccalauréat. Les élèves peuvent suivre la formation sous statut scolaire dans les lycées professionnels, ou en tant qu’apprentis dans les CFA (centres de formation d’apprentis).

 

Autres mesures mises en place cette année

  • Education financière : Le passeport d’Education économique, budgétaire et financière (EDUCFI), une formation qui informe les jeunes sur les questions de budget, les moyens de paiement et les arnaques, sera généralisé dès la rentrée à toutes les classes de 4e. Objectif : garantir à chaque jeune l’acquisition de compétences financières essentielles. 
  • Mémoire : Tous les établissements scolaires devront commémorer le 11-Novembre, jour de l’Armistice de 1918 et « d’hommage à tous les morts pour la France ». Concrètement, dans les 4 jours précédant ou suivant cette date, les établissements devront tenir une cérémonie dans leur enceinte avec tous leurs élèves. A noter, au primaire, cette cérémonie concernera les élèves à partir du CE1.
  • Mesures d’éloignement : Depuis le décret du 16 août 2023, le changement d’établissement d’un élève reconnu coupable de harcèlement ou de cyberharcèlement est rendu possible. Désormais, en cas de comportement menaçant d’un parent envers un personnel scolaire, le ou les enfants du parent concerné peuvent également être déplacés dans une autre école, comme le prévoit un décret du 28 juillet 2026. Une mesure déjà appliquée, début septembre, dans la petite commune de Fauga, située près de Toulouse.

 

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