DOSSIER

Bac, brevet : dernière ligne droite

HD-433---dossier-ouvertureChaque année, pour beaucoup d’élèves, juin rime avec examens. Collégiens de 3e, lycéens de première et de terminale… Dans quelques jours, ils passeront leurs épreuves terminales. Comme pour le brevet (plus précisément le DNB, diplôme national du brevet), le baccalauréat comporte désormais une grande part de contrôle continu. La réforme de cet examen, qui découle de celle du lycée général et technologique entamée en 2019, conduit les élèves à ne passer aujourd’hui que seulement deux épreuves terminales au mois de juin : le grand oral et l’épreuve de philosophie – les nouvelles épreuves d’enseignement de spécialité, déterminantes en termes de coefficients, venant de se dérouler mi-mai.

Pour autant, qu’ils passent le brevet ou le bac, ces épreuves terminales demeurent cruciales pour la grande majorité des élèves. Une dernière ligne droite qui se prépare, que ce soit en termes de connaissances, bien entendu, mais également en ce qui concerne la gestion du stress, de l’appréhension, en particulier pour les épreuves orales.

 

«J’ avoue que le grand oral m’angoisse un peu. Je m’entraîne avec une amie ; on joue tour à tour le rôle du candidat et de l’examinateur, on apprend à se corriger, cela nous rassure, un peu ! » Comme quelque 520 000 de ses camarades, Emma, élève de terminale générale dans un lycée d’Angers, se prépare à l’épreuve du grand oral, une des principales nouveautés de ce nouveau bac, dont la première session (fortement perturbée par la pandémie de covid-19) a eu lieu l’an passé (Lire ICI notre zoom consacré à l’épreuve du grand oral paru dans La Voix des Parents de janvier 2022).

 

Un examen déjà joué ?

Outre ce grand oral, les élèves de terminale passeront également en juin l’épreuve de philosophie… et c’est tout ! En effet, les épreuves d’enseignement de spécialité, au nombre de deux, viennent de se dérouler il y a quelques jours, mi-mai. Des épreuves déterminantes pour l’obtention du bac, chacune d’entre elles affichant un coefficient de 16 ; au final, elles représentent quasiment un tiers de la note (100 coefficients au total). Avec la prise en compte du contrôle continu, qui compte désormais pour 40 %, et des épreuves de français passées en classe de première (coefficient 10), plus de 80 % de l’évaluation est déjà joué ! Précisément, pour les deux épreuves à venir en juin (voir le calendrier en encadré), le grand oral est affecté d’un coefficient 10 en voie générale, 14 en voie technologique, et l’épreuve de philosophie d’un coefficient 8 en voie générale, 4 en voie technologique. Une conséquence : une démobilisation auprès de certains élèves : « On constate depuis le passage des épreuves de spécialité un très fort absentéisme dans beaucoup de lycées », alerte Nicolas Franck, président de l’Association des professeurs de philosophie de l’enseignement public (APPEP) – lire son interview plus loin.

 

HD-433---dossier-revisionDes épreuves qui comptent…

Il n’en demeure pas moins que ces deux dernières épreuves seront cruciales pour la plupart des élèves de terminale. Que ce soit naturellement pour l’obtention ou non du diplôme, pour les élèves aux résultats tangents, ou pour l’obtention d’une mention, à partir d’une moyenne de 12/20.

 

… et des aménagements !

Soulignons également, parce que l’année scolaire a été bouleversée par la pandémie de Covid-19, que des aménagements ont été mis en place par le ministère de l’Education nationale pour certaines épreuves, notamment pour l’oral de français passé par les élèves de première, épreuve pour laquelle les élèves auront un nombre réduit de textes à présenter.

Une session 2022 qui se rapprochera tout de même beaucoup plus qu’en 2021 de ce « nouveau bac » mis en œuvre par Jean-Michel Blanquer. Avec néanmoins, rappelons-le, le décalage des épreuves d’enseignement de spécialité de mars à mai – elles sont fixées initialement en mars pour être prises en compte dans Parcoursup.

Si, comme on l’a vu, les épreuves de juin du bac revêtent désormais une moins grande importance pour les élèves de terminale générale et technologique, elles demeurent déterminantes pour d’autres élèves, notamment les élèves de terminale de l’enseignement professionnel.

 

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INTERVIEW

Nicolas FRANCK président de l’Association des professeurs de philosophie de l’enseignement public (APPEP)

« Les correcteurs tiendront compte des conditions particulières de l’année écoulée »

Comment se présente l’épreuve de philosophie pour les élèves de terminale des voies générale et technologique ? Après une année d’apprentissage chaotique causée par les effets de la pandémie de covid-19 (enseignement hybride, à distance, absence des professeurs, des élèves…), vous avez demandé des aménagements des épreuves écrite et orale de philosophie du baccalauréat. Une fin de non-recevoir vous a été opposée…

L’épreuve de philosophie est malheureusement inchangée. Les candidats des voies générale et technologique ont les choix entre trois sujets : deux dissertations et une explication de texte. Nous avions demandé un aménagement (trois dissertations et deux explications de texte), pour tenir compte des conditions particulières d’une année à nouveau perturbée par la pandémie. Mais une fois de plus le ministère a refusé d’écouter les demandes raisonnables des professeurs, qui sont pourtant ceux qui connaissent le mieux les besoins des élèves.

À ces difficultés conjoncturelles s’ajoutent celles introduites par la réforme du lycée. La préparation de l’épreuve de philosophie isolée au milieu du mois de juin, plus d’un mois après les épreuves de spécialité, ne mobilise guère les élèves. On constate depuis le passage des épreuves de spécialité un très fort absentéisme dans beaucoup de lycées.

 

Cette situation va-t-elle modifier la façon dont les professeurs de philosophe vont évaluer les élèves lors des épreuves ?

Il va de soi que les correcteurs de l’épreuve de philosophie tiendront compte des conditions particulières de l’année écoulée.

 

Au-delà du contexte particulier de cette session du bac, quels conseils d’ordre général donneriez-vous aux élèves pour rendre une bonne copie de philosophie ? Qu’attendent les correcteurs ?

Les correcteurs attendent des candidats qu’ils mettent en évidence les raisons de procéder à l’examen philosophique d’une question, que celle-ci se présente sous la forme d’un sujet de dissertation ou d’un texte à expliquer, et qu’ils construisent une réponse réfléchie à cette question.

Le meilleur conseil que je peux donner aux élèves est de suivre ceux donnés par leurs professeurs, d’apprendre leurs cours car on ne réfléchit pas sans connaissances, et de veiller à la précision et à l’exactitude des analyses qu’ils développent dans leur copie.

 

Comment jugez-vous la place occupée par l’enseignement de la philosophie aujourd’hui à l’école ? Militez-vous pour un enseignement plus en amont, avant la classe de terminale ? Que pensez-vous des ateliers de philosophie proposés aux élèves de terminale de l’enseignement professionnel ?

La philosophie permet aux élèves d’apprendre à devenir responsables de ce qu’ils disent. En s’interrogeant sur leurs représentations spontanées, en apprenant à élaborer des concepts, ils clarifient leurs pensées, distinguent l’essentiel de l’accessoire et, par le dialogue raisonné avec soi et avec les autres, se donnent les moyens d’un authentique esprit critique, capable de résister aux discours complotistes et aux crispations identitaires. Elle offre aux élèves l’occasion d’une véritable émancipation intellectuelle. Son enseignement relève donc d’un enjeu démocratique et républicain.

Malheureusement, la réforme du lycée et du baccalauréat a affaibli la place de la philosophie au lycée. Si tous les élèves des séries générales ont quatre heures de philosophie en terminale, l’enseignement approfondi de la philosophie que permettait la filière L a disparu. Mais c’est dans la voie technologique que la situation est la plus préoccupante. La philosophie n’y est enseignée que deux heures par semaine, dans des conditions souvent difficiles. Pour que ces heures soient pleinement profitables aux élèves, sans alourdir leur emploi du temps, il faut rendre le travail en demi-classe systématique.

Quant aux ateliers de philosophie dans la voie professionnelle, c’est une initiative intéressante mais dérisoire, qui concerne très peu d’heures par an une part infime des lycées professionnels. Ils sont mis en avant par le ministère pour masquer la diminution horaire des matières générales. Il n’est plus temps de saupoudrer ni d’expérimenter. Nous demandons donc que la philosophie devienne l’une des matières de recrutement des professeurs de lycée professionnel.

 

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ZOOM

Options… Attention !

Au brevet des points bonus peuvent être ajoutés grâce aux épreuves facultatives, par exemple « langues et cultures de l’antiquité » avec le latin et le grec, une langue régionale…). Pour le bac, la donne est différente, les options choisies par les élèves peuvent apporter des points, mais aussi, c’est une nouveauté, en retirer ! C’est la moyenne de l’option qui sera prise en compte et non les points au-dessus de la moyenne. Les coefficients des options (14 au maximum) seront ajoutés au total des coefficients commun au bac (100).

 

DNB, diplôme national du brevet, mode d’emploi

Depuis de nombreuses années maintenant, le brevet conjugue épreuves terminales et contrôle continu. Plus précisément, le contrôle continu se base sur la maîtrise des huit composantes du socle commun de connaissances, de compétences et de culture. Les « attendus » du socle, objectifs de connaissances et de compétences, déclinés dans les programmes, sont évalués lors du conseil de classe du 3e trimestre de la classe de 3e. Ils sont notés sur un total de 400 points : de 10 points par composante quand la maîtrise est jugée « insuffisante » à 50 points pour une « Très bonne maîtrise ».

Au total, le brevet est évalué sur une base de 800 points. Conséquence, certains élèves, avec 400 points au socle commun, peuvent décrocher leur diplôme du brevet avant avant même les épreuves terminales passées en juin…

 

5 épreuves au programme de l’examen

Le jeudi 30 juin et le vendredi 1er juillet, les collégiens de 3e vont donc se présenter aux épreuves écrites de l’examen. Au programme :

– Français, première partie (grammaire et compétences linguistiques – compréhension et compétences d’interprétation – dictée), d’une durée d’1h30, et deuxième partie (rédaction), d’une durée d’1h30 (100 points) ;

– Mathématiques, d’une durée de 2h (100 points) ;

– Histoire et géographie / enseignement moral et civique (EMC), d’une durée de 2h, (50 points) ;

– Sciences (physique-chimie et / ou sciences de la vie et la Terre et / ou technologie), d’une durée de 1h, (50 points).

Outre ces 4 épreuves écrites, les élèves passent également un oral de 15 minutes, soit sur un EPI qu’il ont mené, soit sur l’histoire des arts, soit sur une activité menée lors d’un parcours éducatif (Avenir, Santé, Éducation artistique et culturelle, Citoyen).  Notez que cette épreuve, qui compte pour 100 points, peut se dérouler dès avril.

Selon les académies, les résultats seront connus au plus tard le 8 juillet. Rappelons qu’à l’inverse du bac, il n’existe pas d’épreuves de rattrapage pour le brevet. Et, surtout, que l’attribution du brevet ne conditionne pas l’accès à une classe supérieure en fin de troisième, que ce soit en seconde, générale, technologique ou professionnelle, ou encore en première année de CAP.

 

Gare à la triche !

Se faire remplacer par une autre personne pour une épreuve, utiliser un appareil numérique (smartphone, montre connectée…) pour trouver des informations, copier sur son voisin de table… Attention ! La fraude aux examens est durement réprimée. Outre la nullité de l’examen qu’elle va entraîner, une fraude avérée peut conduire à une interdiction de participer à tout examen de l’Éducation nationale pendant 5 ans au maximum !

 

Chiffres-clés

Pour cette session 2022, quelque 710 000 élèves de terminale se présenteront aux épreuves du bac, dont 381 221 dans la voie générale, 141 978 dans la voie technologique et 186 200 au bac professionnel. Un chiffre en baisse : en 2021, on comptait 732 800 candidats. Une session qui avait donné lieu à un taux de réussite très élevé avec 93,8 % de reçus. Dans le détail : 97,6 % dans la voie générale, 94,0 % dans les séries technologiques et 86,7 % pour le baccalauréat professionnel. Pour rappel, la session 2020, pour laquelle toutes les épreuves écrites avaient été annulées, avait elle battu tous les records : 95,7 % des candidats avaient décroché le bac !

 

Examens : les dates à retenir

Brevet

Les épreuves écrites du diplôme national du brevet (DNB) auront lieu les jeudi 30 juin et vendredi 1er juillet.

 

Baccalauréat général et technologique

Pour les élèves de terminale : l’épreuve de philosophie se déroulera le mercredi 15 juin et l’épreuve du Grand oral entre le lundi 20 juin et le vendredi 1er juillet.

Pour les élèves de première :

- Jeudi 16 juin après-midi : épreuve écrite de français.

- Lundi 20, mardi 21, mercredi 22, mercredi 29, jeudi 30 juin et vendredi 1er juillet : épreuve orale de français (chaque académie fixe les dates).

 

Baccalauréat professionnel

Les épreuves générales écrites, communes à tous les candidats, auront lieu les mardi 14, mercredi 15, jeudi 16, vendredi 17 juin et du lundi 20 au vendredi 24 juin.

 

Les résultats du baccalauréat général, technologique et professionnel seront communiqués à partir du mardi 5 juillet. Les oraux de rattrapage se dérouleront du mercredi 6 au vendredi 8 juillet.

 

Certificat d’aptitude professionnelle (CAP)

Les épreuves écrites d’enseignement général auront lieu, les jeudi 2 et vendredi 3 juin.

 

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